A la recherche de la personne derrière la notaire Charlotte Decock.
La notaire Charlotte Decock de Tournai est une personne très active. Après avoir fait partie de la Commission Communication du CF, elle occupe désormais un second mandat de 3 ans au poste de trésorière à la Chambre provinciale du Hainaut. Elle a participé activement à la préparation du Congrès notarial de Mons en 2024 et en a également géré les comptes. Elle est également suppléante du président Anthony Leleu dans l’assemblée générale de la Chambre nationale. “Mais cela n’implique pas grand-chose. Si Anthony ne peut pas assister à une réunion de la Chambre nationale, celle-ci est tout simplement reportée”, explique-t-elle avec beaucoup d’autodérision.
Quelle personne encore en vie admirez-vous le plus et pourquoi ?
Charlotte Decock : « En ce qui concerne les personnes que je ne connais pas personnellement, je choisis Barack Obama, ancien Président des États-Unis. Je suis de près la politique américaine, notamment parce qu’à l’âge de 16 ans, après avoir terminé mes études secondaires, j’ai étudié pendant un an à Seattle. J’ai une grande admiration pour le talent rhétorique d’Obama et la façon dont il traite les questi- ons difficiles avec énormément d’humour.
Mais ce sont surtout les personnes de mon entourage qui m’inspirent le plus d’admiration : 2 amies, toutes 2 jeunes mères qui ont traversé des épreuves difficiles. L’une d’elles, également notaire, a dû faire face à un grave cancer il y a 2 ans. L’autre a perdu son mari dans un accident de vélo l’année dernière et se retrouve seule avec 3 enfants. Pourtant, elles restent toutes les 2 positives et ne se plaignent jamais. Elles considèrent la vie comme un cadeau et gardent le sourire. Malgré leurs épreuves, elles prennent toujours soin de demander comment vous allez. J’ai énormément d’admiration pour leur courage. »
Quel est votre bien le plus précieux ?
Charlotte Decock : « En tout cas, rien de matériel. Outre une bonne santé, le ‘temps’ m’est très précieux. Je me sens parfois comme Mario Bros, le personnage très actif du jeu vidéo éponyme de Nintendo. J’ai souvent l’impression de courir ‘dans tous les sens’ pour ne rien manquer. Nous n’avons qu’une seule vie. Mieux vaut en profiter pleinement pour ne pas avoir besoin d’une deuxième vie. Je suis là pour mon mari et mes 3 enfants, mais j’aime aussi participer à des compétitions sportives pour la bonne cause, comme les 20 km de Bruxelles ou les 50 km de Spa – en compagnie de ma consœur Astrid Comijn, notaire à Bruxelles – pour soutenir la prévention du cancer du sein. De plus, j’assume avec plaisir mes mandats à la Chambre provinciale ou dans d’autres institutions notariales. Tout comme j’ai pris beaucoup de plaisir à participer à l’organisation du congrès à Mons l’année dernière. Cela a également conduit à une incroyable convivialité entre les notaires qui s’y sont investis… Je serais ravie si une journée comptait plus de 24 heures. Faire des choses que l’on aime ne nous fatigue pas.
« Combien de temps perdons-nous actuellement à faire des choses inutiles, comme ‘scroller’ sur les réseaux sociaux ou zapper à la télévision? »
J’ai délibérément choisi de ne pas avoir la télévision câblée chez moi, je ne peux donc pas zapper, et c’est le cas depuis que je suis mariée. Si vous me demandez où je trouve le temps de faire du sport ou de m’investir dans mon métier, vous avez la réponse. »
Que vouliez-vous faire comme métier en étant enfant ?
Charlotte Decock : « Enfant, je rêvais de devenir détective privé. Aujourd’hui, je me sens parfois comme une enquêtrice, par exemple lorsque je dois retrouver un héritier ou un propriétaire ‘disparu’. Ou lorsque je dois rechercher une disposition spécifique dans le Code fiscal flamand. C’est du vrai travail de détective (rires) ! Finalement, j’ai étudié le droit parce que cela me donnait une base solide et large pour l’avenir. Quand j’ai commencé mes études de droit, je ne pensais pas devenir notaire. Cela m’est venu plus tard. D’ailleurs, je n’ai ni juristes ni notaires dans ma famille. »

Quand vous regardez l’avenir, qu’est-ce que vous voyez ?
Charlotte Decock : « Un certain ralentissement dans tout ce que nous faisons et une période où tout n’est pas axé sur une croissance effrénée. Je m’inspire des conférences de Jean-Marc Jancovici, un ingénieur français connu pour son expertise en matière d’énergie et de changement climatique.
Je ne vois pas cela comme quelque chose de négatif, bien au contraire. Nous réfléchirons davantage à la question de savoir pourquoi nous allons à l’autre bout du monde pour un seul week-end. Je pense que nous accorderons plus d’attention à tout ce qui est durable: que nous conserverons certains biens plus longtemps, que nous réapprendrons à réparer plutôt que remplacer, que nous en finirons avec l’obsolescence programmée. Mais aussi, que, tout comme pendant la période du coronavirus, nous redécouvrions l’importance des bonnes relations dans notre environnement immédiat : avec notre famille, nos amis ou nos voisins, plutôt que d’être un numéro anonyme dans un monde tellement globalisé et complexe que tant de choses nous dépassent. »
« Nous réfléchirons davantage à la question de savoir pourquoi nous allons à l’autre bout du monde pour un seul week-end. »
Quel est votre pire pêché mignon ?
Charlotte Decock : « La mousse au chocolat de ma mère. Mais surtout : faire des blagues à mes connaissances et à mes amis. J’adore le 1er avril ! L’année dernière, j’ai demandé à la Chambre provinciale du Hainaut de donner son feu vert à un acte fictif dans lequel j’avais inclus toutes sortes de blagues sur le notariat. C’était très drôle. Mais j’aime aussi tromper mes connaissances au téléphone. Je me fais passer pour le directeur d’un club de ski en France et j’appelle une connaissance qui a réservé des vacances au ski là-bas pour lui dire que le club de ski ferme ‘malheureusement’ ses portes, mais que j’ai réservé à la place un hôtel dans une région totalement différente où il ne pourra pas skier du tout… ce genre de blagues. »
Que devez-vous à vos parents ?
Charlotte Decock : « Je dois beaucoup à mes parents. Ils m’ont toujours guidée et m’ont appris l’importance du respect: respect des autres, de la nature, de son environnement. Et l’importance de l’en- traide. J’ai 2 sœurs (dont une qui travaille en mon étude) et 1 frère et nous sommes toujours là les uns pour les autres. En dehors de ma propre famille, j’essaie également d’aider les autres, comme mes jeunes confrères. »
Quel acteur pourrait jouer votre rôle dans le film de votre vie ?
Charlotte Decock : « Je pense spontanément à Rowan Atkinson, qui pourrait m’incarner comme une sorte de ‘Miss Bean’. Ceux qui me connaissent un peu mieux savent que je peux parfois être distraite et me retrouver dans des situations amusantes, par exemple parce que j’ai oublié mes clés, que je m’installe dans une voiture qui n’est pas la mienne et m’aperçois que je ne connais pas le chauffeur… Mais j’essaie aussi de faire rire mes clients afin qu’ils passent un bon moment. Et j’espère alors que leur visite chez le notaire leur laissera un meilleur souvenir que leur visite chez le dentiste. »

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